Action versus agitation

Au royaume de votre entreprise,
Qu’agir soit une activité sereine.
Que la Pensée puisse être de mise,
Que l’Action soit ainsi reine.


Je ne vous ferai pas l’affront de vous penser, chères lectrices, chers lecteurs, manichéens.
Je vous imagine sensibles à la nuance.
Il n’est pas question de dire ici qu’entreprendre ne demandera jamais de ne pas compter ses heures, sera un lac tranquille exempt de stress ou empêchera de se sentir surbooké. Evidemment non.

Je vous invite en revanche à questionner ces situations.
Si elles deviennent votre seule réalité quotidienne,
si elles vous amènent (ou votre équipe) à ressentir un mal-être ou un malaise,
si vous pensez qu’il n’y a aucune autre façon de faire… 

Car si l’agitation devient cette dose d’adrénaline,
seule façon de se sentir vivant,
n’est ce pas une invitation à questionner sa vie ?
Avant que le corps ne finisse par nous rappeler qu’à haute dose,
en tout, l’excès nuit.

Comment faire pour cesser l’agitation, et lui préférer l’Action ? Redonner ses lettres de noblesse à la Pensée.

Tout feu, tout flamme,
Disciple du « fail fast, learn fast »,
Avant même d’avoir lancé son entreprise,
l’entrepreneur se retrouve embarqué dans une course contre la montre,
montre dont la cadence des secondes semble avoir été accélérée !
Faire vite, s’agiter,
devient bientôt une injonction de survie,
survie de son estime personnelle,
survie de son entreprise,
face à des concurrents toujours plus nombreux,
face à un environnement toujours plus incertain,
face à des parties prenantes toujours plus impatientes.

Mais QUAND pense-t-on ? 

« On » critique une société sclérosée,
« On » fait des séminaires pour développer notre capacité à générer de nouvelles idées (ou pour en gober sans réfléchir),
« On » voudrait faire produire des idées différentes, « out of the box », à des esprits épuisés, désabusés, désenchantés…

Dans une société qui se veut innovante, cette agitation incessante ne peut pourtant faire le lit de l’innovation.
Car cette innovation suppose créativité.
Cette créativité suppose inspiration.
Et si l’inspiration peut venir du stress et de la contrainte,
elle vient aussi de temps de calme, de pause, de réflexion.
De temps de Pensée.

Ces temps désormais interdits, comptés ou comptabilisés, 
Ces temps culpabilisants et culpabilisés,
Ces temps dévalorisants et dévalorisés,
car sournoisement assimilés à de l'oisiveté, 
et pourtant, indispensables à la créativité.

Je me réjouis de publier ces textes pendant les vacances, rares périodes de Pensée socialement autorisée !
Pensée et Action sont miroirs, équilibres,
clés vers une entreprise équilibrée.

Parce que la Pensée est le souffle suspendu qui distingue l'Action de l'agitation, 
Privilégier l’Action à l’agitation,
c’est se donner une chance de créer
une entreprise différente
car inspirée,
donc inspirante.

C’est aussi protéger son capital-santé et se prémunir de retomber dans l’un des 3B.
Cette prise de conscience risque de se heurter aux habitudes.

Alors comment ne pas céder à l’agitation et rester dans l’Action ? 

Je ne déroge pas à la ligne de conduite déjà exprimée dans les textes précédents… Se questionner. Vraiment. Profondément.
Pour décrypter et comprendre ses modes de fonctionnement.
Pour voir en-deçà de la surface,
ce qui nous meut à reproduire le même schéma,
l’histoire qui nous persuade qu’il n’y a qu’une seule façon de réussir,
les doutes qui nous empêchent de construire et assumer notre propre mode d’épanouissement.

Action libérée

Libérée des injonctions intérieures mais aussi des supposées injonctions extérieures.

[mode devoirs de vacance on/]
Je vous invite à questionner le poids du regard des « autres ».
Quels autres ?
Ceux pour qui vous pensez qu’il est bien de « faire comme ».

Pour qui travaillez-vous ? Pour quoi travaillez-vous ?
Se tromper de destinataire et/ou de destination peut rendre le chemin très laborieux.

A qui avez-vous besoin de prouver que vous travaillez « bien comme il faut » ?
A qui avez-vous besoin de prouver que vous excellez sur tous les tableaux ?
A vous ? Pourquoi ?
Aux autres ? Quels autres ? Famille ? Camarades de promo ? Entrepreneurs de réseaux ? 

Choisissez-vous d’être ou de paraître ?
Choisissez-vous de travailler pour vous épanouir ? pour un statut ? pour une reconnaissance ?
Pour avoir un impact positif  ?
Pour vous ? Pour les autres ?
Au détriment de vous-même ? Est-ce cohérent ? Est-ce tenable sur la durée ?
[\mode devoirs de vacances off !]

Je concède que les questions semblent très orientées,
mais je considère sincèrement que les seules réponses qui vaillent sont VOS réponses, 
conscientes et sincères,
à l’instant t.

La conscience peut ainsi amener à souhaiter évoluer… ou non… ou pas tout de suite.

Action alignée

L’action libérée, déculpabilisée de ne pas répondre aux injonctions, pourra ainsi devenir une action alignée.

Alignée avec soi-même, avec son Être.

Qu’est-ce que je veux montrer et non plus démontrer ?
Qu’est-ce que je veux ressentir en m’épanouissant dans mon activité professionnelle et non plus fuir en me noyant dans le travail ?
Aujourd’hui, à ce moment de ma vie, comment faire en sorte que la vie de mon entreprise me convienne ?

Action méditée

Ces réponses, VOS réponses, je vous propose de les écouter venir à vous dans l’Action méditée.

Une Action de l’instant présent, de pleine conscience.
Une Action qui ne méprise pas la réflexion.
Une Action qui se nourrit de temps de recul,
de retours sur soi,
de retour à soi.

Une Action mariée à la Pensée.

Méditer pour s’entendre,
Méditer pour se réinventer,
Avant de poser un premier pas vers ce que nous voulons devenir.
Pas demain, pas après,
Ici, maintenant, tout de suite.

L’innovation, la différenciation, ne seront alors plus des questions.
Elles seront intrinsèques à VOTRE Action.


L’Action libérée, alignée, méditée,
permet une entreprise unique :
elle permet de créer SON entreprise.
Celle qui ne ressemblera à aucune autre,
Celle pour laquelle les clients qui vous correspondent viendront,
Celle qui VOUS ressemble.
 

4/13
Estelle