Et vous, après quelleS libertéS, courez-vous ?

Ce film est inspiré de l’histoire autobiographique racontée par Solomon Northup dans le livre éponyme Twelve Years A Slave.
Imprégnez-vous de cet extrait de quelques lignes (traduction d’Anne Souillac) :

« Je suis né libre et j'ai vécu avec ma famille jusqu'au jour où deux hommes m'ont drogué, séquestré et vendu comme esclave. Pendant douze ans, j'ai connu la servitude… »

L’exercice est heurtant je le concède, mais imaginez-vous perdre ainsi douze ans de liberté physique… à quelleS libertéS souhaiteriez-vous goûter une fois la lettre d’affranchissement signée ?

Prenez cinq minutes pour ressentir la situation.
Allez préparer une tasse de thé ou de votre boisson favorite, humez-la, buvez votre première gorgée.
Puis répétez l’exercice ci-dessus.

J’espère que vous vous sentez désormais imprégné de VOTRE définition de la Liberté.

Et maintenant, s’il vous fallait l’appliquer à votre activité professionnelle ?

Votre création d’entreprise vous permet-elle d’honorer VOTRE définition de la Liberté ?

Liberté d’organiser son temps ou liberté de ne pas savoir comment gérer son temps ?
Liberté de pouvoir faire tout ce que l’on veut ou liberté de ce ne pas savoir par où commencer ?
Liberté de pouvoir générer des idées ou liberté de ne pas savoir quelle idée choisir ?

Nous entreprenons par souci, envie, besoin de Liberté,
mais ce vent de Liberté peut se révéler
enivrant, étourdissant, ébahissant,
et finalement… nous perdre.

Pour éviter d’en arriver là, le petit exercice précédent ébauche les réponses à deux questions que je voudrais vous inviter à vous poser régulièrement au cours de votre chemin initiatique d’entrepreneur :

Ai-je la Liberté d’entreprendre ?
Pour quelles libertés est-ce que je décide de continuer à entreprendre chaque jour ?

Ai-je la Liberté d’entreprendre ?

Et donc, ai-je aussi la Liberté de ne pas entreprendre ?
(entreprendre étant entendu ici, strictement au sens de créer son entreprise)

Choisit-on réellement d’entreprendre quand on décide de créer son entreprise car on ne trouve pas sa place dans les organisations existantes ?
Choisit-on réellement d’entreprendre quand la déception face à un système semble ne tracer qu’une seule voie ?
Choisit-on réellement d’entreprendre quand l’égalité des chances face à un emploi apparaît être une belle rhétorique non suivie d’effet ?

Les motivations à entreprendre,
créer son entreprise pour créer son modèle de vie,
peuvent prendre l’apparence d’une quête de Liberté,
d’un chemin de Libération,
mais n’être conditionnées que par la fuite.

Si cette fuite n’est pas conscientisée,
et si la création d’entreprise ne se nourrit pas, dans le même temps,
de quêtes de Libertés personnelles,
échapper à ces contraintes extérieures peut laisser,
seul, perdu, noyé,
face au tourbillon abyssal de Liberté décrit précédemment.

C’est pourquoi, il me semble important de savoir si la décision d’entreprendre est choisie ou subie.
Ce ressenti peut, bien sûr, évoluer dans le temps.
Mais je vous invite à le questionner et pour révéler à votre conscience VOTRE réponse.  

Comme vous le savez, je considère qu’être VRAI envers SOI permet de poser des Actions ALIGNEES avec SOI.

« je n’ai pas le choix, je dois entreprendre car… »
« je n’ai pas le choix, je ne peux pas entreprendre car… »
« j’ai le choix, je décide de continuer à entreprendre car… »
« j’ai le choix, je peux choisir une autre option qu’entreprendre car… »

Quelle que soit NOTRE réponse,
la garder en tête,
y revenir les jours où l’on souhaite tout envoyer valser,
et suivre les fils qu’elle nous propose permet de rester connecté
à SOI, à SES aspirations, à SES options,
et ainsi s’autoriser à ne pas rester enfermé dans un schéma.

J’amène la question de « la Liberté d’entreprendre » à la conscience,
car quand entreprendre devient (ou semble devenir) la seule option,
cela n’est plus seulement un exercice de Liberté mais la seule voie de Liberté.
Ce choix devient donc lourd, pesant, vital.
Or, il me semble important de ne pas idéaliser cette « porte de sortie » au point d’en faire la seule voie de Liberté. Il y a bien d’autres options pour vivre une vie professionnelle épanouie... même si les solutions sont parfois plus originales et beaucoup moins orthodoxes qu’il n’y paraît.

Si on a décidé qu’entreprendre était SON moyen d’honorer son processus de Libération, il me semble ensuite important de questionner ce que justement veut dire pour nous la Liberté, dans cette voie professionnelle.
Quelle est la Liberté que l’on recherche quand on entreprend ?
Quelle est la Liberté qui nous permet de nous épanouir ?

En réalité, vous avez compris avec le petit exercice précédent, que ces Libertés sont plurielles.

Pour quelleS libertéS est-ce que je décide de continuer à entreprendre chaque jour ?

Voici mon postulat :
Si LA Liberté peut être la quête qui déclenche le choix d’entreprendre,
c’est SA propre définition de la Liberté qui permet à l’entrepreneur de persévérer.

C’est la raison pour laquelle j’insiste, persiste et signe sur l’importance de bien questionner et définir SES propres aspirations à la Liberté en tant que valeur de son activité professionnelle (si bien sûr, cette valeur vous est chère).

En ce qui me concerne, je vous l’ai dit dès la deuxième publication de l’ouvrage, j’accorde une très grande importance à la Liberté. 
Pour vous aider dans votre cheminement, je vous propose d’illustrer ma définition de la Liberté par des prises de conscience personnelles.

J’associe la Liberté à la libre gestion et organisation de mon temps. 

Le Temps est LA valeur immensément précieuse et chère à ma vie.
Aussi, pouvoir en faire un usage qui m’épanouit a toujours été un préalable à mes choix professionnels.

Après quelques stages, j’ai compris que cette condition n’était pas négociable et cela a conditionné mon choix de poste salarié.
Tout naturellement, quand j’ai décidé de créer mon entreprise, garder cette Liberté était une condition sine qua non.

Pourtant, une dissonance profonde s’est rapidement invitée à la fête.
Au fur et à mesure que je remplissais mon rétro-planning puis mon planning puis ma to-do… (et j’adore organiser, planifier, faire des tableurs, des listes… bref, on a les défauts de ses qualités et vice-versa !), il me restait de moins en moins de ce précieux Temps que je chéris.

En fait, il me restait de moins en moins de Temps Imprévu, celui que je considère être mon Vrai Temps Libre.

Ce temps de tous les possibles,
ce temps de la créativité,
ce temps du « tout est possible »,
ce temps pour lequel je suis née.

Certes j’exerçais pleinement, 
à la fois la liberté d’organiser mon temps, 
et la liberté de le remplir avec des tâches que je choisissais ;
Certes j’adorais ce que je faisais,
au point de ne plus voir ni les minutes ni les jours s’égrener,
mais cela, au détriment d’une autre Liberté :
La Liberté de jouir de Temps non planifié.
Or, c’est aussi ce temps qui nourrit mon Être et ma créativité.

J’ai alors compris qu’au sein de ma conception du Temps,
se blottissaient deux Libertés indispensables à mon épanouissement :
la Liberté d’organiser mon Temps
ET
la Liberté de garder du Temps non anticipé.

Comprendre et sous-découper cette notion de Liberté de Temps a été salvatrice.
Elle m’a permis de comprendre pourquoi je passais d’une situation qui avait, sur le papier, tout pour m’épanouir (créer mon entreprise) à une situation qui m’étouffait (créer une entreprise qui « pré-remplissait » tout mon agenda).

Ce qui pour certains aurait un caractère extrêmement rassurant (anticiper et planifier) et pour d’autres serait même une compétence professionnelle valorisée (maîtriser la gestion de projet) devenait pour moi une camisole.

Il m’a fallu plusieurs mois pour le comprendre,
quelques semaines pour l’accepter,
(car oui, j’ai essayé de me convaincre que pour être une bonne cheffe d’entreprise, il me fallait accepter d’avoir ce planning pré-rempli à ras bord),
et tout autant pour l’assumer,
(car oui, cela remettait en question mon projet et son rythme de développement… tels que je les avais imaginés).
De cette nouvelle prise de conscience est née une nouvelle organisation qui me correspond et m’épanouit bien plus.

J’ai intégré ces définitions de libertés qui fondent MA Liberté à mon « Carnet de Libertés ».
Il s’agit d’un endroit (pour les personnes manuelles et créatives il peut s’agir d’un beau carnet personnalisé, pour les personnes qui préfèrent les outils technologiques il peut s’agir d’une page d’application Notes, pour les personnes qui ont une bonne mémoire il peut s’agir d’un coin du cerveau...!) où je note, annote, précise, les conditions non négociables nécessaires à MA Liberté et donc, puisque cette valeur est indispensable à ma vie personnelle et professionnelle, à mon épanouissement.

Ce Carnet de Libertés permet de ne pas oublier ce que l’on chérit et ce à quoi l’on aspire. S’y référer pour des choix cruciaux évite de s’éloigner de SOI.

5/13
Estelle