Travail, erreur de définition ?

Lointain souvenir de mes cours de latin, l’étymologie du mot travail : « tripalium » (un instrument de torture) évoque l’effort, la contrainte, la soumission.
Si cette étymologie n’est pas aussi évidente, comme le présente de façon intéressante un article du blog Mediapart, il n’en demeure pas moins que c’est ainsi qu’on m’a expliqué le terme « travail » et à d’autres enfants sans doute. 

Quelle invitation à la joie et à l’épanouissement !!!

L’histoire pourrait être drôle si elle n’impactait pas notre vision de ce que doit être « travailler » pour être considéré dans notre société.

Ce doit être un effort. Ce doit être difficile. Ce doit être laborieux. Cela doit demander du courage, et on vous en souhaitera du « bon » courage quand vous annoncerez vouloir créer votre entreprise.

Ayez le malheur d’aimer ce que vous faites, d’aller bien, pire... de le dire, et la suspicion d’une vie bien trop facile, bien trop oisive, en fait bien trop enviable, fait irruption.

Alors il est plus aisé pour s’intégrer, de correspondre au modèle du travail épuisant, exténuant et déprimant. De se plaindre pour se faire plaindre, comme si les « small talks » des dîners étaient faits pour parler de malheurs plutôt que de bonheurs. 

Pour ma part, j’ai fini par accepter ce regard inquisiteur et ces questions insistantes qui attendent en vain, du grain de complainte à moudre !

Travail, erreur de schéma ?

Car le risque est de finir par croire aux histoires qu’on raconte pour passer le temps.

Et ces histoires glorifient un schéma dans lequel le travail n’est pas Action mais indolente occupation ou frénétique agitation.

C’est souvent avec ce deuxième schéma qu’est confondu l’entrepreneuriat.

L’agitation au travail

S’agiter tellement qu’on ne sait plus pour quelle raison,
S’agiter tellement que le corps ne suit plus,
S’agiter tellement que l’épuisement est la seule issue.

Faute d’une vraie remise en question de l’organisation du travail,
Faute d’une vraie réflexion sur leurs PROPRES raisons d’entreprendre,
trop de chefs d’entreprise finissent par reproduire ce schéma d’agitation à outrance.
Pour eux, comme pour les autres.

Je ne vous fais pas de dessin (Liane s'en charge pour moi...!),
vous connaissez ce cliché du collègue qui ne pourrait pas débaucher plus tôt sinon l’entreprise fermerait,
qui ne pourrait pas déléguer un dossier sinon l’entreprise fermerait,
qui ne pourrait pas prendre le temps d’envoyer un mail avec une formule de politesse sinon l’entreprise fermerait,
mais qui a quand même le temps de raconter tout cela à la machine à café…
Un ancien collègue ? Et vous ?