Peur des responsabilités ou Responsable de nos peurs ?

Aussi belle qu’elle soit, la Liberté peut devenir pesante.
Et pour cause, elle vient avec son lot de devoirs.
La Liberté n’est-elle pas la meilleure amie de la Responsabilité ?

Responsabilité n’est pas aliénation

Le plus gros risque quand nous décidons d’entreprendre me semble être de se perdre, en s’aliénant à nouveau.

Ne pas s’en rendre compte,
ou trop tard,
peut faire de l’entrepreneuriat un enfer…
Bien loin du mythe des digital nomads doigts de pied en éventail, travaillant 3h par jour dont 2 à compter leurs billets sur une plage de Floride !

Sans aspirer à ce cliché qui pourrait séduire,
momentanément et superficiellement,
entreprendre ne devrait cependant pas devenir un sacerdoce.

J'ai envie de détourner un dicton populaire :

« Liberté bien ordonnée commence par soi-même »

Soyons lucides,
entreprendre c’est se mettre au service de :
ses clients, ses employés, ses investisseurs ;
c’est collaborer avec (voire dépendre de ?) :
ses prestataires, ses fournisseurs, son banquier, son avocat, son assureur,
etc. etc. etc.
Elle est bien belle la Liberté chérie !

Si si, je vous assure, elle est bien belle.
Elle est belle si vous ne VOUS oubliez pas.
Car entreprendre, c’est d’abord et avant tout,
se mettre au service
de SOI.

Il ne s’agit pas là d’une ode à l’égo,
bien au contraire.
Il s’agit là de reconnaître que sans être d’abord SOI-même opérationnel,
en bonne santé,
motivé et déterminé par des raisons durables et solides,
donc des raisons alignées avec son Être,
(oui je me répète, mais cette prise de conscience a fondamentalement changé ma vie),
nulle entreprise ne pourra avoir l’impact pérenne qu’on lui souhaite.

Or,
malgré les apparences et malgré les facilités
qui pourraient nous persuader
que quelque autre que SOI
aurait une responsabilité sur notre Être et notre devenir,
la Responsabilité n’est pas morcelable.

Si la Liberté est pleine, la Responsabilité est entière.
Ou tout au moins,
si l'ambition de Liberté est pleine, l'ambition de Responsabilité doit être entière.

Aussi,
il ne tient qu’à SOI,
de sortir d’un niveau d’exigence et de responsabilité calqué sur des injonctions extérieures non épanouissantes,
pour vivre Libre et Responsable du niveau d’exigence et de responsabilité qui nous épanouit.

La pression est là. Envers soi. Avec soi.

Assumer que nous sommes les seuls à décider de répondre à un mail dans la minute comme si la fin du monde en dépendait,
Assumer que nous sommes les seuls à être persuadés que sans un site web digne d’AirBnB, on ne peut commencer à vendre,
Assumer que nous sommes les seuls à penser que sans avoir 10000 followers d’ici la fin de l’année, on n’atteindra pas son objectif de chiffre d’affaires.

Je vous le disais
« Liberté bien ordonnée commence par soi-même ».
Et elle suppose :
Accepter de vivre le processus de Libération
de ce que nous pensons être des impératifs extérieurs ;
intériorisés, 
sans parfois même que cela ne nous ait été demandé.
Désapprendre les autres pour s’apprendre à soi.
Tomber le masque pour oser être soi.
Voilà la plus grande des Libertés, voilà notre plus grande Responsabilité.

La peur prive de Liberté

J'entends régulièrement...
Mais que va penser mon client si je ne lui réponds pas dans la minute ?
Mais quelle image de moi auront mes prospects s’ils arrivent sur un site sans logo ?
Mais comment vais-je me démarquer de mes concurrents si mon Instagram n’explose pas les scores ?

Je traduis...
J’ai peur.
Je crains de ne pas faire « comme il faut ».
Je crains de ne pas faire assez bien.
Je crains de ne pas faire assez. 

C’est ce que je me suis longtemps dit.
Ce sont les craintes que j’ai longtemps portées. 

Pourtant,
je vous invite à répondre sincèrement à ces questions :

Est-ce à ce point plus simple de se soumettre aux diktats sociaux
qu’il est légitime de se laisser ensevelir jusqu’à s’oublier ?
Qui gagne à ce jeu de dupes où nous mettons notre Liberté d’Être en suspens
pour lui préférer le paraître, les « faire comme », les « bien comme il faut » ?
Ne vous sentez-vous pas dépérir ?

Peut-être que non. Peut-être que l’inclusion sociale est un cadre suffisant ou nécessaire à VOTRE Liberté.
En ce qui me concerne, si. Je me suis sentie dépérir. Vivement, violemment, viscéralement.

Alors j’ai arrêté de croire que me conformer pourrait un jour être la bonne réponse.
J’ai arrêté de croire que je pourrais un jour être acceptée et heureuse d’être acceptée pour autre chose que celle que je suis.
J’ai arrêté de croire que je pourrais trouver et prouver à l’extérieur ce qui ne se joue qu’à l’intérieur.
J’ai compris que je ne serai vraiment Libre et Responsable qu’en vivant Libre et Responsable.
Non plus en le rêvant, non plus en l’espérant, non plus en le souhaitant.
En le vivant, là maintenant tout de suite.
A chaque seconde, dans chacune de mes cellules, dans chacun de mes actes.

J’ai eu peur de déplaire.
J’ai eu peur de décevoir.
J’ai dû accepter de déplaire. Parfois. Souvent.
J’ai dû accepter de décevoir. Parfois. Souvent.
Mais la vie m’a offert de plaire et recevoir, bien plus que je ne l’aurais imaginé.
Toujours.

Alors j’ose l’affirmer :
La peur nous prive de Liberté.
La peur est notre pire guide.
Pourtant, c’est elle que nous avons appris à écouter.
A travers des professeurs médisants,
à travers des parents inquiets,
à travers des informations anxiogènes…
La peur a toujours été là. Fidèle compagne.
La peur est là. Partout. Bien plus que l’espoir.
Non, la peur est montrée. Là. Partout. Bien plus que l’espoir.
Bien plus que la Vie en réalité.