Quand un accident de vie décide à entreprendre de vivre SA vie

Il est des portes ouvertes qu’on aimerait ne pas enfoncer… En voici une :
Nombreux sont les parcours de vie professionnelle accidentés par un de ces 3B, ou pas loin.
De plus en plus nombreux en fait.
Il ne se passe presque pas une semaine sans que je n’entende parler d’un voire plusieurs de ces cas… Pas une seule semaine. Pas une semaine sans que je ne me désole de constater qu’ils touchent TOUS les secteurs d’activités, TOUTES les fonctions professionnelles…
Cela en est désarmant.

Je suis révoltée par le peu d’égard apporté à ces vies détruites,
parfois momentanément,
parfois plus durablement.
Révoltée par les potentiels de réalisations gâchés,
par toutes ces énergies volées,
par ces environnements professionnels destructeurs.
Et ce n’est même plus discret, insidieux, exceptionnel,
cette hérésie est évidente, criarde, ostentatoire.

Et les directions organisent des séminaires hypocrites,
pour se donner bonne conscience
et/ou pour faire illusion.
Sans doute certaines y participent-elles de bonne foi,
mais de retour,
la réalité des objectifs absurdement «SMART »,
surpasse rapidement les professions de foi.
On prend les mêmes et on recommence...

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. »
Einstein s’égosille.
Certaines réalités ne changent vraiment pas assez vite.

Sans doute est-ce l’un des symptômes de la phase de changement, transition, (r)évolution,
que notre société est en train de vivre,
Sans doute est-ce un passage obligé avant de faire émerger de nouvelles organisations,
Cela n’en reste pas moins profondément douloureux d’assister à de telles souffrances.

Pour les plus cyniques,
essayez au moins de considérer l’impact de ces 3B sur la croissance du PIB.
Pour les plus humanistes (dont j’assume d’être),
indignons-nous devant la fragilisation de magnifiques énergies réalisatrices,
qui après de telles épreuves, devront se soigner, se guérir, se reconstruire,
et dont la confiance brisée et l’estime blessée
n’aborderont plus avant longtemps, le « travail » avec la même énergie constructive et innovante.

Je veux cependant croire que de ces cendres,
naîtront justement les plus belles innovations pour le monde de demain,
dans TOUS les secteurs,
dans TOUTES les organisations.

Ainsi que je le disais plus haut, ce sont souvent des raisons qui amènent à entreprendre.

Entreprendre comme créer son entreprise,
mais aussi et surtout,
entreprendre comme se créer une nouvelle vie.
Plus (ré)conciliante.
Plus épanouie.

Plus épanouissante ? Sur le papier.
Car j’ose le dire, un trop grand nombre d’entrepreneurs, confond encore Action et agitation. 

Que ce soit des restes d’habitudes de la vie salariée,
ou tout simplement un modèle de la performance au travail intégré,
ne pas prendre conscience de cet amalgame
c’est réunir à nouveau toutes les conditions pour vivre l’un des 3B.
Et notamment un burn-out.
Les chefs d’entreprises font d’ailleurs partie des populations les plus à risque.