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La semaine dernière, nous nous quittions sur la question suivante :

Comment dépasser le perfectionnisme pour entreprendre et s’épanouir ?

Je vous propose cette semaine plusieurs pistes qui m’ont aidée et m’aident encore à passer à l’action et entreprendre.

La prise de conscience du « point de bascule » du perfectionniste

Ce schéma que j’ai partagé avec vous, est une bonne façon de se « jauger » et « s’auto-alerter » avec humour et bienveillance.
« WARNIIIING », quand on commence à verser dans un perfectionnisme paralysant, retardant ou limitant.

Si l’on retient la définition du perfectionniste comme « personne qui cherche à s’améliorer », l’entrepreneur peut légitimement chercher à progresser dans une compétence qui lui manque (stratégie de social media, sourcing etc.) ou dans une analyse (étude de marché, Business Plan etc.) ou toute autre chose qui servira son lancement puis son activité.

Mais il y a un point, il y a un moment, où continuer à vouloir se « backer », se rassurer, ne sert plus ni son projet ni son activité mais nourrit la pompe à perfectionnisme / sa peur de l’échec / son besoin de contrôle.

Il s’agit là moins d’une question de temps passé que d’amoncellement d’informations pertinentes.
Le temps passé est un bon indicateur lorsque nous connaissons notre façon de travailler, d’apprendre et donc, le temps qu’il nous faut pour obtenir l’essentiel de la réponse à une question. Cet indicateur est très variable d’un individu à l’autre.
Quand pendant des années, il est devenu normalité « d’en faire trop », retrouver cette sensation revient à réapprendre la sensation de satiété après des années à ne plus écouter sa faim.

Le point de bascule est subtil. Pourtant, je pense qu’au fond de nous, nous savons quand nous basculons dans un rapport perfectionnisme/réalisation défavorable.
Il s’appréhende peu à peu quand on décide de tourner son attention vers lui.
Repérer ce point de bascule est un pas énorme.
Une bouffée d’oxygène.
Cette prise de conscience permet de mettre à distance un comportement automatique et de pouvoir retrouver la liberté de changer de fonctionnement.

Evidemment, on acceptera parfois, souvent au départ, de le dépasser, d’aller trop loin, de continuer à en faire trop. Même si on se sait glisser sur la pente contreproductive. Parce que nous en avons encore besoin pour nous sentir rassurés. Mais cette fois-ci avec conscience, donc avec choix.
Le choix petit à petit, de s’autoriser à s’arrêter plus en amont de la courbe… tester… voir qu’il ne se passe « rien de grave »… et ainsi, passer à une Action plus légère, plus vive, plus vivante.

La Vie justement, parlons-en.

Se reconnecter à l’instant présent pour retrouver son « en-Vie »

Pour quelle vie avez-vous signé en tant qu’entrepreneur ?
Une vie de « control freak » stressé, frustré, déçu ou une vie d’épanouissements, de possibles, de libertés ?
Personnellement, j’ai choisi.

Et j’ai compris que mon perfectionnisme ne me permettait pas de vivre dans l’instant présent. De goûter pleinement à chaque petit pas, de laisser une place à tous les imprévisibles, bref de laisser le vent de la Vie se frayer un chemin dans mon quotidien.

Je vivais accrochée à mon tableur Excel, à décortiquer-cortiquer-recortiquer bien plus que de raisons des chiffres, des données, des meta-données. Loin du faire, loin de l’action, loin de la réalisation.

Piégée entre mon plaisir d’apprendre, d’analyser, de synthétiser, et ma peur de ne pas avoir suffisamment d’informations pour prendre la meilleure décision (oui, je pensais alors que se terrait quelque part la meilleure décision, insaisissable, invisible, mais prête à se dévoiler à coups d’efforts et de persévérance), je m’éloignais du « point de bascule » pour me rapprocher du « Too Much, Too Late ».

« Too Late » pas (seulement) pour le marché. Le marché s’en fout. Il ne m’attendait pas. Il ne m’attend pas. « Too Late » pour moi, pour le plaisir, pour l’épanouissement.
Plus je creusais, plus je me lassais. Plus je vivais le film derrière mon écran et moins j’avais envie de jouer le rôle dans la vraie vie. 

Me reconnecter à mon besoin de VIVRE, de goûter pleinement chaque instant présent m’a ramenée à l’ACTION. 

Accepter l’Action comme déception nécessaire à la réalisation

Disons-le, avouons-le, acceptons-le.
En tant que perfectionniste, l’action sera toujours une déception par rapport à l’idée.
En tant que perfectionniste, l’action sera toujours une déception par rapport à l’illusion.
En tant que perfectionniste, l’action sera toujours désillusion.
Nous réaliserons rarement la copie conforme de ce que nous avons en tête.
Mais je vous assure que ce n’est pas grave. Au contraire, c’est tant mieux ! 

Pour trois raisons :

1. Le bénéfice d’estime tiré d’une réalisation personnelle est bien, bien, bien et encore bien, supérieur au pouvoir du rêve. Croyez-moi ! C’est une personne qui chérit le rêve et ses pouvoirs qui vous l’affirme. Il n’est nul question de les dévaloriser, bien au contraire. (cf. point 2) Imaginez la force de la vague d’estime personnelle qui vous envahit quand du rêve naît l’Action. C’est une ode à la Vie, une ode à l’Être, le carburant des plus belles réalisations.

2. Le rêve, l’illusion, la perfection sont l’excellence, l’exigence, la rigueur mises au service de chacune de nos réalisations. C’est notre façon de viser « là ». Non pas « là,  ici » mais « LÀ-HAUT ». Le ciel. Les étoiles. En se donnant l’ambition d’y arriver avec nos moyens présents. Cela devient NOTRE façon de ré-enchanter le monde. Plus seulement dans notre tête, mais pour de vrai, « In Real Life », pour nous mais aussi et surtout, autour de nous, et donc au service des autres. Et cela, c’est puissant… surpuissant même !
Car assumons-le, nos « médiocres » et « insatisfaisantes » réalisations rencontreront des regards bien moins intransigeants que les nôtres. Nous rappelant que nous sommes bien trop sévères avec nous-mêmes, et que ce n’est pas nivellement par le bas mais courage, que d’offrir au monde nos pas, l’un après l’autre.

3. Last but very not least! Le point que je préfère et je suis sûre que vous l’avez toutes et tous expérimenté.
Quel que soit notre niveau d’impréparation ressenti, quel que soit notre niveau d’imperfection supposé, quels que soient les « C'est pas le bon moment » ressassés et dépassés, passer à l’Action engendre des conséquences et externalités que nous sommes incapables d’imaginer avant d’avoir posé un acte dans le réel (même pour celles et ceux qui seraient dotés d’une très grande capacité de prospective et d’anticipation !). Et ma petite expérience m’a maintes fois démontré que tant que chaque action est alignée avec notre Être, les conséquences et externalités sont très majoritairement positives.
Renoncer au perfectionnisme pour oser l’Action engendre un double mouvement de perfection déçue et de potentiels déployés.

Ces possibles vont au-delà de ce que nous aurions pu imaginer en restant empêtrés dans notre perfectionnisme et viennent alors nourrir de nouveaux rêves.
Le cercle est vertueux !
Comme je vous l’ai déjà exprimé dans le texte consacré à l’Action, je ne désacralise pas les idées. J’aime trop le monde des idées. Mais la raison d’être d’une idée qui naît en nous, me semble-t-il, est de naître au monde sous quelque forme que ce soit. Pas forcément aboutie telle que nous l’envisageons, mais au moins de trouver son espace d’expression pour nous apprendre et nous apporter ce qu’elle a à nous apprendre et à nous apporter.

Alléger le poids de l’Action

Rien n’est définitif.
Nous nous racontons que poser un acte nous condamne à un enchaînement de conséquences possiblement fâcheuses et irrémédiables.
En tant que perfectionniste, nous voulons tout cadrer bien en amont, en ayant une idée bien précise (ce qui est déjà un travail de longue haleine), en voulant l’exécuter avec exactitude, certitude et perfection. Tout un programme !
Nous nous racontons ainsi l’histoire qu’une fois que nous aurons bordé le maximum de choses, tout ne pourra que se passer « comme sur des roulettes ».
C’est une belle histoire.
Elle est fausse.
Extrêmement coûteuse physiquement, moralement et émotionnellement qui plus est. Pour finir par se révéler bel et bien fausse.
Même les événements les mieux anticipés, organisés, structurés, avec des moyens humains, matériels et financiers hors du commun, offrent toujours leur petit lot de surprises. Le meilleur organisateur est celui qui saura s’adapter, réagir et laisser penser à tout le monde que tout s’est passé « comme sur des roulettes ».
Mais il est payé pour cela, dans un temps imparti, pour une occasion précise.

Est-ce le lot d’une entreprise ou même d’une vie, que d’être « gérée » ainsi à chaque instant ? 
Se coupant des potentiels insoupçonnés et insoupçonnables décrits plus hauts ?

C’est sans doute possible. Mais comme je le disais, c’est coûteux. C’est triste. C’est fade. C’est limitant. 

Aussi, je vous propose une autre option : 
Accepter de poser l’Action en s’allégeant du « poids de l’Action ».

Réaliser que quand nous faisons une chose, elle n’est pas définitive. Définitive au sens de « plus jamais il ne pourra en être autrement ». Définitive au sens de « elle me définit aux yeux des autres à jamais ».
Le perfectionnisme voudrait parler d’absolu. Je vous invite à décider que l’Action est relative. Relative au temps. Relative à l’espace. Relative aux conditions dans laquelle nous la posons. Amenée à évoluer avec notre Être sans autre poids que celui que nous décidons de lui attribuer, sans autre « gravité » que celle dont nous décidons de l’affubler.

Cela ne veut pas dire renoncer à la responsabilité. Cela ne veut pas dire renoncer à l’engagement. Cela ne veut pas dire renoncer à l’implication.
Cela veut dire les conserver dans des proportions qui ne nous empêchent pas d’Être au monde.

Pendant la quatrième semaine de ce chemin initiatique, nous avons parlé d’Action libérée, d’Action alignée, d’Action méditée. Je vous propose ici comme rempart au perfectionnisme paralysant : l’Action allégée.

Cédons au relativisme : La perfection n’existe pas.

Symptôme d’une soif d’absolu ou d’une vision absolue de la réalité, le perfectionnisme se heurte tout de même à une immense antinomie : Rechercher la perfection quand la perfection n’existe pas.

La relativité de la perfection est évidente. La perfection de l’un n’est pas celle de l’autre. S’il y a des chefs d’œuvre, il y a avant tout des goûts.
Bien que beaucoup la cherche, je n’ai encore jamais trouvé d’œuvre absolument unanime à l’œil, l’oreille, l’odorat, le goût ou le toucher des 7,55 milliards d’Humains que nous sommes sur Terre.

Alors, questionnons notre « modèle de perfection ».
Moquons notre aspiration à la perfection.
Elle n’est même pas course contre l’impossible, elle est course après l’inexistant.
Course fatigante, éreintante, épuisante. Et surtout, course vaine.
Être conscient de poursuivre une chimère est important.
Cela n’amène pas forcément à renoncer à la poursuivre. Mais j’ose espérer que cela peut rendre (un peu) moins fou !

Parce que la perfection n’existe pas, son illusion est immanquablement paralysante. A quel moment oser être, à quel moment oser faire, quand instinctivement je sais que je ne pourrai que déplaire ?
Oui, il faut admettre, accepter, assumer (et la gradation doit prendre le temps nécessaire pour que notre corps s’en imprègne) qu’on ne plaira jamais à tout le monde.
Assertion trop entendue.
Elle ne résonne même plus tant on pense l’avoir comprise. Alors je me permets de la reformuler :

Il faut admettre, accepter, assumer qu’on déplaira toujours à quelqu’un.

Déplaire et ne pas se flageller.
Déplaire et laisser l’autre responsable de son jugement. 
Déplaire et continuer à Être Aligné.
 

Revenir à l’étymologie pour redéfinir la perfection

Et si on laisser tomber l’absolutisme du perfectionnisme, pour ne garder que la perfection.

Perfection vient du latin perficio.

-Ficio est une forme du verbe « faire ».
Per- est un préfixe qui signifie « jusqu’au bout ».

Faire. Jusqu’au bout.

Pour l’entrepreneur, aller jusqu’au bout d’une idée.
Au bout ? Attention, les chevaux du perfectionnisme ruent dans les brancards !
Quel bout ?
Jusque là où l’idée doit nous mener.
C’est, selon moi, le seul « bout » qui vaille.
Certaines idées nous mènent à une réalisation extérieure, d’autres à une réalisation intérieure et mille autres combinaisons possibles.

Faire. Jusqu’au bout.
Ce n’est pas linéaire.
Ce sont de nombreux zigzags.
Ayez confiance, l’Action allégée, est souple, fluide, dansante, virevoltante.
Elle n’a pas vocation à être comprise de tous. Même pas de nous parfois.
Elle a vocation à laisser la Vie s’exprimer.
Elle a vocation à faire de votre entreprise, non plus un carcan lisse et extérieurement rassurant, mais un espace d’épanouissement vivant et intérieurement exaltant.

9/13
Estelle

 
 
Delphine Remy-Boutang

Delphine
Remy-Boutang

dans la série documentaire Tripalium

L’heureux hasard de l’inspiration m’a amenée à découvrir cette interview de Delphine Remy-Boutang dont le sujet n’est pas directement le perfectionnisme, mais qui est en telle résonance avec les premiers textes de cet ouvrage éphémère, que je souhaite vous la partager. Je me sens tellement alignée que ce sera l’illustration de la semaine ! Belle écoute !

Photo illustrant un portrait du magazine Forbes intitulé Delphine Remy-Boutang, L’Accomplissement de Soi.

Shooting Stars - aide les entrepreneurs, à prix libre

Shooting stars*

C'est avec bonheur que je vous présente une nouvelle activité professionnelle.

En commençant le présent ouvrage, je ne pensais pas qu'il m'aiderait à ce point à poursuivre mon chemin initiatique.

Si l'écriture a désormais retrouvé une belle place au sein de ma vie, j'ai décidé de laisser à d'autres facettes de la boule à paillettes qui me sert de coeur, l'occasion de s'exprimer.

L'aide, la générosité, la joie de voir les autres s'épanouir se sont donc frayées un chemin et entrelacées pour donner vie à Shooting Stars.

Être une étoile filante qui fait de vos entreprises des étoiles filantes... Voilà mon rêve.
Mettre sur orbite chaque entreprise que je croise... Voilà mon ambition.
Apporter des solutions aux entrepreneurs qui n'en voient (presque) plus en une heure et à prix libre... Voilà la mission que je me donne.

Vous avez envie d'essayer ? C'est sans engagement et à l'issue de notre séance, vous réglez ce que vous estimez juste.

* étoiles filantes