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bienvenue au cœur de l'ouvrage éphémère Projet 13.7 : entreprendre, chemin initiatique.
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Nom *
Nom

Perfectionnisme.
Tendance, comportement du perfectionniste.
Perfectionniste.
(Personne) qui est animé(e), obsédé(e) par un souci exagéré de la perfection en toute chose, notamment qui apporte un soin extrême, excessif dans la finition de son travail.
(Personne) qui cherche à s'améliorer dans une branche quelconque.

Je me suis longtemps définie comme perfectionniste.
Je l’écrivais dans mes lettres de motivation, je le citais en qualité lors d’entretiens d’embauche.
Et même pas pour me jeter des fleurs.
Juste parce que j’ai un tel souci du travail (extrêmement) bien fait et une telle envie de ne pas décevoir que j’essaie de tendre à la perfection, et encore plus dans un cadre professionnel.
Je pensais que c’était une qualité.
Je me trompais.
Ou en tout cas, pas autant que je le pensais.
C’était aussi un boulet au pied…
Et il m’a fallu apprendre à m’en libérer.
Voilà comment.

Comment le perfectionnisme a-t-il failli m’empêcher de créer mon entreprise et comment m’en suis-je sortie ?

J’imagine aisément ne pas être la seule à souffrir de ce mal et je sais ce qu’on pense quand on lit les témoignages d’autres personnes se qualifiant de perfectionnistes : « Nan, mais moi ce n’est pas pareil… …C’est pire ! C’est bien bien plus grave ! ». 

Parce que j’espère que mon cheminement pourra vous aider à vous libérer, j’ai décidé d’aller au-delà de la transparence… Je me mets à nu.
Je vous dévoile comment le perfectionnisme s’est construit en moi. Je vous dévoile comment il a fini par se révéler être un obstacle à ma création d’entreprise. Et enfin, je vous dévoile comment je le tiens désormais à distance raisonnable.
Peut-être que ça résonnera pour certaines et certains d’entre vous. Je souhaite que ça vous décomplexe et que vous puissiez considérer mon témoignage comme légitime (espoir) !

La construction du perfectionnisme

Je pense que le perfectionnisme se construit. Qu’il est un empilement de couches successives qui partent de la tendance à vouloir bien faire et qui vont jusqu’au fantasme de perfection.

Je pense que le perfectionnisme se construit dès la plus petite enfance où il est renforcé par notre environnement, notre entourage ; qu’il se renforce à l’adolescence puis que nous le renforçons à l’âge adulte par notre vécu, nos expériences, nos réussites, nos échecs, scolaires, académiques et professionnels mais aussi amicaux et sentimentaux.

Jusqu’à un jour, devenir paralysant. C’est alors qu’on le remet en question.

Pour ma part, enfant, j’ai eu un modèle parental qui a placé la barre très haut.
Mes parents sont arrivés d’Afrique où ils avaient grandi dans des conditions bien moins favorables que les miennes. Ils ont réussi à construire leur rêve de vie et à m’offrir la chance de construire la vie de mes rêves. Aussi ai-je dès mon plus jeune âge considéré qu’il ne m’était pas possible d’échouer là où mes parents, avec des conditions de départ bien plus difficiles, avaient réussi.
L’excellence n’était pas une option mais un dû, un hommage à leurs efforts, une déférence à leur exemple.
J’ai intériorisé ce niveau d’exigence comme étant le « minimum syndical ».

A l’école, cela s’est traduit par le « syndrome de la bonne élève ». Syndrome qui n’était pas difficile à vivre car l’école était mon terrain de jeu et d’exploration. J’adorais apprendre, j’adorais la diversité des matières et j’en aurais bien demandé plus ! J’étais la petite fille qui était contente qu’il y ait une interro surprise, qui pleurait quand elle n’avait pas 20 et qui faisait latin-grec-allemand LV1-classe européenne allemand-classe européenne anglais… Et qui trouvait encore le temps de faire du solfège, du piano, de la gym… Et qui s’ennuyait quand même encore un peu parce que c’était « trop facile ». (Si, si, j’avais quand même plein de copains-copines à l’école… je vous assure !)

Quand je vous dis que j’ai empilé les couches de perfectionnisme,
c’est que dans toutes ses matières,
dans toutes ses disciplines,
malgré les notes,
malgré les appréciations,
je ne me sentais jamais
(et ne me suis jamais sentie et ne me sentirai jamais, désormais je le sais et je l’accepte)
« arrivée ».
Jamais vraiment bonne.

Chaque interro, chaque examen était un nouveau défi, un challenge que je n’étais pas sûre de relever. Je me mettais la pression. Mais j’aimais et j’aime ça, la pression. Donc je m’en demandais plus, encore, toujours.
Je n’étais jamais vraiment satisfaite, je me disais toujours que j’aurais pu mieux faire.
Et cette musique était ponctuée d’une bien pesante expression qu’on m’avait maintes fois répétée : « Au pays des aveugles, les borgnes sont rois ».
En somme, si j’avais de bons résultats, ce n’était pas parce que j’étais douée mais parce que j’étais moins mauvaise que les autres.
Donc pas intérêt à relâcher les efforts.
Pas intérêt à renoncer à mon exigence de perfection.
Elle me définissait. Elle était la raison pour laquelle j’avais une place. Elle était donc ma raison d’exister. 

C’était la condition sine qua non de l’estime de mes professeurs et de la fierté de mes parents. Aujourd’hui je dis estime, fierté. A l’époque je percevais affection, Amour. Et de l’affection, de l’Amour, j’en avais besoin.

J’ai passé mon bac, mention Très Bien et celles qui suivent. Malgré mon goût du défi, je n’osais pas passer un concours car j’avais trop peur d’échouer et je voulais garder tous les champs des possibles ouverts, alors j’ai décidé de faire une classe préparatoire (après avoir compris que ce n’était pas une classe de rattrapage pour les élèves qui avaient besoin de se « préparer » !). 

J’intègre Henri IV. Oui, le lycée parisien. Je ris quand le jour de la rentrée on nous réunit pour nous dire que nous sommes « l’élite de la France ». Ah bon ? On n’a même pas commencé à travailler ! Pour moi, ça ne veut rien dire. Tout reste à faire. Tout est toujours à faire, tout est toujours à prouver.
Perfectionnisme, lucidité ou humilité ?… Peut-être les trois à la fois.

Je passe deux années intenses émotionnellement, mais belles. Intenses émotionnellement ? Pas pour les raisons évidentes qui pourraient vous venir à l’esprit quand on parle de classe prépa ! Je viens de trouver l’Amour… oui, oui, avec un grand A, celui qui deviendra mon mari, mais qui est bien loin (dans tous les sens du terme) de ce monde studieux. Je passe pas bien trop de temps à refaire le monde avec lui et à regarder les matchs de foot des Girondins de Bordeaux !
Je culpabilise de ne pas assez travailler. Je suis passionnée par la diversité des matières abordées, je continue mon petit bonhomme de chemin. Un peu plus éloignée du premier rang… Mais toujours appliquée.
Que je le veuille ou non, que je veuille faire partie de cette « élite » ou non, cette formation renforce, elle aussi, ma propension au perfectionnisme.
L’exigence que j’avais déjà envers moi-même est décuplée par l’autonomie dont je dois faire preuve loin de la coupe parentale. Je ne peux pas décevoir, je ne dois pas décevoir.
J’apprends les bonnes méthodes pour passer les concours, je buche, je bachotte, je mets le « coup de collier » au dernier moment, au bon moment pour moi. (Si j’avais alors compris et accepté que c’était mon mode de travail le plus efficace, j’aurais arrêté de culpabiliser inutilement… mais ça viendra quelques années plus tard !). Je passe les concours et je suis reçue. 

Partout. Et bien classée finalement, moi qui culpabilisais de ne jamais assez travailler par rapport aux autres (à bas la comparaison… ça aussi je le comprendrai plus tard !). Alors je dois choisir. J’hésite, mais je finis par choisir ce que certains voient comme le graal, ce que personnellement je vois comme une porte vers « plein de possibles et c’est cool d’avoir la possibilité de faire plein de choses ! » : HEC. Oui, l’école de commerce parisienne. 

Et revoilà une nouvelle couche de « premier rang » qui vient se sédimenter sur l’édifice du perfectionnisme. Car à force de ne pas échouer, on s’impose de penser qu’on doit tout réussir, tout faire parfaitement.
Et encore plus maintenant que j’ai cette étiquette pour laquelle on me félicite si chaudement. Je vois des étoiles dans les yeux de mes parents comme si j’avais mis le premier pas sur la Lune. Une immense fierté à en parler à tous leurs amis, et pas moins d’envie dans les félicitations de ces derniers. Eh ben……
Pourtant moi, je ne me sens toujours pas « arrivée ».

Tout le monde pourrait se rendre compte que je suis une vaste supercherie, une fumisterie, une imposture, moi qui ai si peu travaillé par rapport aux autres pour en « arriver » là, moi qui ne suis pas aussi sûre de moi que nombre de mes co-promotionnaires qui semblent avoir été biberonnés aux refrains de WEI (week-end d’intégration) et dont la/les session/s hebdomadaire/s de décompression alcoolisée me semble aussi pathétique/s qu’inutile/s.

Si je vous dis tout cela, ce n’est ni pour me plaindre, ni pour me gargariser. Je parle rarement et plutôt difficilement de mon parcours car je ne voudrais pas qu’il permette de me mettre trop rapidement dans une case qui ne me semble pas mienne.
Faire mon « writing-out » le 13 juillet en publiant cet ouvrage éphémère était un premier défi personnel ; publier ce texte où je dévoile mon parcours et ma relation au perfectionnisme, est le deuxième gros défi que je me lance. Je crois que tant que je n’aurai pas appuyer sur « publier », il sera toujours possible que ce texte ne paraisse jamais… ou en tout cas, pas tout de suite… On verra. Si vous lisez ces lignes, c’est que j’ai osé !

Je vous dis tout cela pour que vous ne puissiez pas penser que je parle de perfectionnisme de façon superficielle, légère, comme un énième article de psychologie « qui voudrait vous aider dans votre conquête du bonheur ».
Il n’y a pas beaucoup de sujets que je trouve « lourds », en termes de poids dans ma vie. Le perfectionnisme en est un.
Ce perfectionnisme est lourd car les couches dont je vous parle ci-dessus se sont si fortement sédimentées en moi qu’il m’est devenu petit à petit impossible d’envisager l’action sous un autre angle que celui de la réussite, de la performance, de la « bonne élève », du risque que sa médiocrité soit finalement démasquée.

Ces « jamais assez bien », ces « toujours plus », ces « encore à faire » qui caractérisent la recherche de perfection et confinent au perfectionnisme sont imprégnés dans mon corps, dans chacune de mes cellules.

Je me bats chaque jour contre cette tendance qui m’éloignerait de la réalité pour m’emmener dans les tréfonds du « rêvé », de « l’imaginé », du « fantasmé », sans plus jamais me ramener au rivage du partage et de l’altérité.
Car je sais à quel point ce retour au réel, cette confrontation au monde et donc aux autres, est décevante. Décevante car si loin de la parfaite image que nous nous faisons de nos projets, de nos relations, de nos réalisations.
Mais à force de sédimentation, la construction du perfectionnisme se sclérose. Et en se sclérosant, elle nous sclérose.
C’est à ce moment-là, quand il nous coupe de l’élan de vie, que le perfectionnisme se révèle bel et bien être l’ennemi. 

 

Le perfectionnisme est le meilleur ennemi de l’entrepreneuriat

Je suis entrée dans la vie professionnelle en demeurant méticuleuse, ayant l’envie, que dis-je la « sur-envie » de très bien faire !
Je vous passe les quelques revers en entreprise qui m’avaient déjà amenée à questionner mon perfectionnisme, sans toutefois, penser qu’il était (à ce point) handicapant.

Arrive la création d’entreprise.
Mon énergie, ma bonne volonté, mon ambition, ma détermination… tout était là !
Et le perfectionnisme aussi.

Alors avec la meilleure volonté du monde,
Comme j’avais appris à le faire,
J’ai repris mon cahier et appliqué les méthodes.
J’ai ressorti mes classeurs et j’ai relu mes cours.
Quand ce n’était pas suffisant, j’ai cherché d'autres cours, je me suis formée.
J’ai commencé par le début.
J’ai analysé, en long, en large, en travers, j’ai peaufiné.
J’ai fait des « MVP » qui étaient déjà bien au-delà du « minimum » nécessaire.

Sans cadre, sans deadline,
le perfectionnisme s’est invité à la table de chaque décision,
plombant chaque action,
repoussant chaque réalisation,
pour finalement faire le lit de la démotivation et de la déception.
Déception personnelle :
Je n’allais pas assez vite,
Je ne faisais pas assez bien,
Je n’atteignais pas les standards (élevés évidemment) que je m’étais mentalement imposés.
Déception du réel :
Rien n’était à la hauteur de mes attentes,
Rien n’était à la hauteur des mes rêves,
Rien n’était à la hauteur de mes ambitions.
Je ne savais plus si je faisais exprès de me saboter ou si c’était tout simplement mon incompétence qui se révélait enfin… et que pourtant, tout le monde semblait encore ignorer.
Nous avons déjà parlé de la solitude existentielle de l’entrepreneur, le perfectionnisme m’y a fait amèrement goûter. 

La spirale de mésestime personnelle commençait…

Si le perfectionnisme est le meilleur ennemi de l’entrepreneuriat,
c’est parce que le perfectionnisme paralyse.
Le contraire donc de l’Action nécessaire pour entreprendre.
Le perfectionnisme peut tuer un projet « dans l’oeuf ».
Car à vouloir (trop) bien
- bien trop -
faire pour se prémunir, anticiper, contrôler,
on s’éloigne de la réalisation.
Le perfectionnisme devient contreproductif. 

 

Par essence, le perfectionnisme n’est-il pas de toute façon contreproductif ?
Cette course à rendre parfait ce qui ne le sera jamais assez à nos yeux
et qui ne sera jamais perçu à la hauteur de notre recherche de perfection par les autres
a-t-elle même une autre raison d’être que de se surprotéger ?
En vain.
En vain, car la vie (sauf à être éternellement rassurante mais ennuyeuse) ne nous épargnera pas d’être un jour confrontée au plus grand risque du réel…
La déception.
Être déçue certes,
mais au fond ça,
ça passe.
Non, le plus grand risque,
c’est surtout de décevoir.
Et ne plus être (autant/vraiment) aimée.
C’est une erreur de le croire, mais il faut du temps pour l’admettre.

En plus du temps et de l’expérience, quelles pistes peuvent nous amener à dompter notre perfectionnisme ?
 

Comment dépasser le perfectionnisme pour entreprendre et s’épanouir ?

Je vous remercie d’avoir pris le temps de répondre au sondage relatif à la longueur de mes textes la semaine dernière. Je vous écoute et propose un format plus court. J’espère donc que vous avez pu lire jusqu’au bout et nous reprendrons la suite la semaine prochaine… Avec mon humble réponse à la question sus-posée !

D’ici là, si le perfectionnisme (a) fait également des siennes dans votre vie, n’hésitez pas à partager vos expériences sur les publications d’illustrations qui accompagnent l’article sur Instagram ou directement avec moi en utilisant le formulaire de contact. Je suis à l’écoute de tous vos retours et sincèrement touchée par tous vos témoignages de gratitude… Je ne m’en lasse pas, ils sont un carburant, merci :)

8/13
Estelle

 
 
Shooting Stars - aide les entrepreneurs, à prix libre

Shooting stars*

C'est avec bonheur que je vous présente une nouvelle activité professionnelle. 

En commençant le présent ouvrage, je ne pensais pas qu'il m'aiderait à ce point à poursuivre mon chemin initiatique.

Si l'écriture a désormais retrouvé une belle place au sein de ma vie, j'ai décidé de laisser à d'autres facettes de la boule à paillettes qui me sert de coeur, l'occasion de s'exprimer.

L'aide, la générosité, la joie de voir les autres s'épanouir se sont donc frayées un chemin et entrelacées pour donner vie à Shooting Stars. 

Être une étoile filante qui fait de vos entreprises des étoiles filantes... Voilà mon rêve.
Mettre sur orbite chaque entreprise que je croise... Voilà mon ambition. 
Apporter des solutions aux entrepreneurs qui n'en voient (presque) plus en une heure et à prix libre... Voilà la mission que je me donne.

Vous avez envie d'essayer ? C'est sans engagement et à l'issue de notre séance, vous réglez ce que vous estimez juste.

* étoiles filantes

Did I grow up according to plan?
And do you think I’m wasting my time
Doing things I want to do?
But it hurts when you disapproved all along
[…]
I’m sorry I can’t be perfect
— Perfect, Simple Plan