Vrai envers soi-même

Je craignais que « me montrer » soit renoncer à l’humilité.
La modestie étant une valeur très forte de mon éducation, passer outre me semblait relever de l’effort.
Et puis, j’ai réalisé que « me montrer », n’était pas « faire comme » (ceux dont j’exècre la vantardise) mais « être » tout simplement.

Et cet être ne saurait souffrir de mégalomanie tant le doute systématique l’habite.
Cet être ne saurait souffrir d’orgueil tant l’empathie le précède.
Cet être ne saurait souffrir d’arrogance tant la curiosité intellectuelle le nourrit.
Cet être ne saurait être que ce que je suis, faillible, sensible, risible.


Alors j’ai compris,
qu’il n’était ni nécessaire ni légitime de transpirer la mégalomanie, l’orgueil et l’arrogance pour prendre la parole.

Et au contraire, que si je ne voulais plus qu’ils soient si surreprésentés dans « le visible »,
si je voulais que la bienveillance, l’empathie, la nuance trouvent un écho,
alors il ne tenait qu’à moi d’oser leur tendre le micro.

J’ai compris qu’il ne s’agissait pas de « me montrer » mais « me dévoiler ».
Et accepter qu’on ne peut donner qu’une vue parcellaire, morcelée de soi.
Même sans mentir, même si on essayait,
Nous ne sommes pas humainement capables de TOUT dire, partager, faire comprendre, échanger, avec l’autre.
Que ce soit à son plus proche confident, à de fidèles lecteurs, à sa famille, à des amis, à des collègues…
Que ce soit en mots, en images, en sons, en mouvements, ou toute autre forme, ou toutes ces formes à la fois.
Est-ce une si mauvaise chose ? Est-ce dommage ?
J’oserais presque la réponse « Peu importe », c’est ainsi.

Alors faire le deuil d’une expression parfaite et parfaitement comprise du monde extérieur de nos pensées, écrits, actes, est libérateur.
Accepter que l’image ne sera que partielle, partiellement perçue, partiellement reçue… Humblement, faire de son mieux et renoncer à l’absolu.

Vrai avec les autres

« Se cacher », c’est aussi se protéger du regard des autres et du jugement. Et pour ce faire, il n’est pas toujours nécessaire de se terrer chez soi, le « faux self » est une bonne armure. A nouveau, à quel prix pour l’estime de soi ?

Plaire, voire complaire,
quand on voudrait,
bien au contraire,
parfois croiser le fer.

« Vivre vrai », c’est aussi troquer la politesse et la gentillesse pour l’authenticité, ou mieux encore, les concilier, en étant convaincue que sa bienveillance ne s’affranchira jamais de demeurer dans le respect d’autrui.

Ce postulat posé, cette prise de conscience actée,

Accepter que remettre en question une idée n’est pas attaquer, rabaisser ou blesser l’autre,
que déplaire est une possibilité qui n’entache pas ma valeur car je suis alignée avec mes valeurs,
que ma responsabilité s’arrête là où commence le travail d’accueil des émotions dont mon interlocuteur est responsable pour lui-même.

Et ainsi,
ne plus craindre ni le regard ni le jugement,
ni la fausseté ni la méchanceté,
et ne rien considérer comme plus important que l’épanouissement de son être dans toute sa richesse, toute sa pensée, toute son action. 

Aussi,
se rappeler que chaque renoncement à être VRAI envers les autres, donc envers soi, est un renoncement à évoluer, progresser, se développer et peut-être en miroir, offrir cette opportunité à l’autre.

Une fois ce noeud défait, qu’il s’agisse d’être authentique sur les réseaux sociaux, en rdv d’affaires ou en manageant vos équipes, la question ne se pose plus.
Aligné, ne cherchant plus à porter un masque ou fuir, on trouve ses propres réponses, confiant qu’être soi est la meilleure façon d’être au monde.

Pas aveuglément, pas dans les mêmes mesures, tout le temps, avec tout le monde.
La mesure justement, est de mise. Mais la mesure consciente, choisie, admise.
Non plus subie, imposée, intégrée au point d’être un automatisme oublié.

Cette mesure nous offre la nuance.
Le choix conscient de la nuance (et des nuances) que nous décidons de dévoiler de notre palette intérieure.
Sans flouer, sans tromper, mais en estompant parfois. 

VRAIment

S’alléger… j’y reviendrai souvent.

Quand un sujet devient lourd, interrogez-le. Promptement, profondément, sincèrement.

La vie ne devrait pas être un chemin de croix, créer son entreprise non plus. Obstacles à dompter, montagnes russes à accompagner, oui mais.

L’élan qui amène à créer son entreprise est (souvent) un élan d’espoir, d’excitation voire de joie. S’assurer d’y revenir régulièrement, et d’avancer avec le plaisir initial, me semble indispensable.

Et pour cela, s’assurer souvent d’être profondément connecté à ce qui nous a fait sauter dans le vide et nous fait sauter sur deux pieds le matin est clé.

Même dans les périodes de doutes, se rappeler ce pour quoi nous avons décidé d’entreprendre ce chemin, est indispensable.

Mais ce « pourquoi » justement, glorifié par un fameux TEDx, qui semble être le moteur évident de tout futur entrepreneur aspirant à la Sillicon Valley… ne se trouve que dans une relation sincère, authentique, VRAIE, à soi. Et d’abord à soi.

Aider les autres, sauver le monde, cela ne peut venir avant. Cela ne doit venir avant. Au risque de se faire happer par une ambition qui n’est pas la sienne, s’embarquer dans une réalisation qui n’est pas « son art » (au sens de « sa propre façon de faire »), au risque enfin et surtout, de ne pas trouver l’épanouissement espéré le jour où l'on a pris la décision d’entreprendre.

Vous voyez à quel point il devient important de « Vivre Vrai » pour entreprendre…
Et pourquoi j’ose l’analogie avec le « chemin initiatique ».
 

Les réseaux sociaux, pour quoi faire ?

J’entends les plus pragmatiques (et j’en suis !) crier au scandale, au remboursement…! Alors les réseaux sociaux dans tout ça ???
J’y vais ou je n’y vais pas ? Facebook ou Instagram ? Blog ou Podcast ?
Alors alors ???!!!
Est-ce que ça sert mon activité ? Est-ce que je vais regarder ce que font mes concurrents ?
Alors alors ???!!!

Alors… je vous ai répondu. Non ? Vous n’avez pas la réponse ? Je vous assure que si.

Qui êtes-vous ? Vous avez la réponse.

Et je vous propose une autre question, qui me semble bien plus pertinente que celle qui introduit ce dernier paragraphe :

Les réseaux sociaux, pour quoi être ?

 

2/13
Estelle