Novembre 2017, extrait de mon journal personnel

Pourquoi je ne me dévoile pas sur Facebook ?
Pour la plupart des gens, écrire c’est léger, sans engagement.
Moi, j’ai un lien intime, profond, respectueux à l’écriture et aux écrits.

Quand j’écris, je pose une partie de moi.
Quand j’écris publiquement, j’expose une partie de moi, donc.

Et sur internet, cette partie est figée, enregistrée, pas pour un temps, pour toujours.
Même si les fils d’actualité défilent,
Même si les posts disparaissent au fin fond du profil,
En réalité ils demeurent et demeureront à jamais, sur un serveur quelque part.
Cette mémoire, la nouvelle mémoire, la mémoire du net.

Or, pour moi qui me sens si mouvante, changeante, évoluante, vivante,
qui ai peur d’être enfermée,
qui vénère la liberté,
quelle horreur, quelle frayeur, d’être figée.

Moi qui me sens si fragile,
tant capable d’erreur,
quelle horreur, quelle frayeur, de ne plus pouvoir corriger.

Alors dois-je écrire avec plus de légèreté ?
Après tout, c’est ma relation aux mots qui est particulière.

Ou est-ce possible de vivre de mes activités sans la lumière artificielle des réseaux sociaux ?
Après tout, là est peut-être le challenge.